From the Ground With Love

Julian Konuk

Pays
Royaume-Uni
Année
2022
Format de projection
Numérique
Durée
22'

Synopsis

Quel est le lien entre l’horreur et le queer ? Entre la douleur et le plaisir ? Entre la mort et l’érotisme ? Entre un trou et une tombe ? « From the Ground With Love » est un court métrage non linéaire et épisodique qui explore une approche transpoétique du langage écrit, sonore et visuel. Expérimentant avec les thèmes de l’abjection corporelle queer, des notions de foyer et de migration, et des spatialités hétérosexistes, ce film explore le lien entre les temporalités queer de la vie et de la mort, leur rapport au cinéma d’horreur, et la création de nouveaux modes d’érotisme centrés sur les corps trans et l’expérience vécue et archivistique de la monstruosité et du sexe queer.

« From the Ground With Love » : qu’il s’agisse de cette terre, d’une pelouse parfaitement tondue, d’herbes hautes dans un champ, de votre jardin, du parquet de votre appartement ou de la chambre moquettée de votre enfance, ce film a servi de journal intime ; pour explorer, confronter, intégrer, faire le deuil et, finalement, trouver la paix avec certaines notions de temporalité et de foyer en lien avec mon identité queer. Ce film se déroule intentionnellement de manière étrange, tantôt fluide, tantôt brutale et abrupte, à l’image de mon propre vécu du genre et de la sexualité à l’époque. À bien des égards, je le perçois comme un film d’horreur, non pas à cause de sursauts faciles ou d’autres clichés du genre, mais à cause de cauchemars peuplés de jeans moulants, d’effets secondaires fantomatiques d’un traitement hormonal, d’une multiplicité pixélisée, de visions de tombes et de morts publiques atroces, ou d’images abjectes de fourmis grouillant sur le visage ensanglanté d’une silhouette. Quel rôle joue le sexe dans tout cela ? L’érotisme ? L’alimentation ? La consommation ? Je ne cherche pas nécessairement à répondre à ces questions dans le film, mais j’essaie de les démêler, de les décomposer (jusqu’au pixel près, voire grammaticalement), d’explorer leurs failles et leurs surfaces, leurs crevasses et leurs silences, leurs phrases oubliées et leurs passés oubliés. Ce film n’a pas de conclusion, pas de véritable fin, pas de remarques finales ni de points à formuler. Ce ne sont que les mots d’une personne rentrant chez elle, le dos de son jean maculé de boue.

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