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édito

étoilements n°1 / décembre 2007 : bords, bordures

Ce numéro d’étoilements a été fabriqué à partir des mots bords, bordures, ouvrant un accès aux films, au cinéma, par l’écriture. Epousant divers points de vue ; celui du spectateur, de l’artiste, du cinéaste, de l’acteur, ou tout cela ensemble, ces textes explorent, guettent, chacun à sa manière, ces régions mouvantes, denses et vertigineuses que le cinéma donne à penser et à vivre, parfois.

Ce sont, pour Raphaël Bassan, les bords des normes sociales et esthétiques, qu’habite et transgresse le cinéma d’Etienne O’Leary, dès son émergence, à la fin des années 1960. Ce sont les bordures trompeuses de l’intime exposé, familier et étranger à la fois, qu’inaugurent trois films de Dominik Lange, sous le regard de Damien Marguet. C’est l’espace commun aux intensités hybrides, partagé par le cinéma et la musique, dans de Nicolas Humbert et Werner Penzel, d’après Gabrielle Reiner. C’est un chemin pour réfléchir sur l’édition DVD comme marge nécessaire d’un cinéma à revisiter pour Cédric Lépine. C’est, dans trois textes courts sur l’art numérique comme langage cinématographique en marge des disciplines traditionnelles, le cœur des recherches d’Hugo Verlinde. Ce sont encore ces bords, ces bordures, révélés par la sensibilité d’Orlan Roy, qui évoque la beauté de cinq films à la limite des catégories et des pratiques du cinéma français contemporain. C’est aussi l’expérience des bords, des zones de partage, du lieu d’un contact primordial au sein du processus de création cinématographique (le plateau, le cadre), que l’outil numérique déplace, segmente et filtre, pour Marc Barbé. Ce sont les rives, dans les films de Philippe Poirier, les traversées, données comme des fragments de visions, entre rêve et éveil, par Rodolphe Olcèse. C’est le cinéma de Renaud Victor et Fernand Deligny, à l’image dépouillée, le langage ébranlé, qui prend forme de poème dans la mémoire d’une spectatrice en découverte. C’est enfin l’envoi, à partir de ces mots, bords, bordures, qui deviennent la matière nue, directe des phrases de Nathalie EstBrochier, fermant ce numéro.

- Violeta Salvatierra