Video Tour Detour

Focus #10

ven. 13 octobre 201713.10.17
20H00—22H00
5 rue des Ecoles
75005 Paris
Fee
unique : 5€
Unlimited UGC / MK2 cards and CIP cards accepted

Programmed and presented by Gérard Cairaschi

In the presence of some directors

This program is designed around a selection of video works emblematic of the stages or periods of video art related to the emergence of new tools. The forms that these tools have engendered and jointly the lʼappropriation of these tools by artists from different disciplines. Creators from music, cinema (fiction, documentary or experimental) television, theater, dance, literature, poetry, visual arts. Artists who have shaped what we call “lʼart vidéo”, an art at the crossroads of all arts.

Maso et Miso qui vont en bateau
Nadja Ringart, Carole Roussopoulos, Delphine Seyrig and Ivana Wieder
France
1975
Digital
Extrait de 5'
Messe pour un corps
Michel Journiac, Carole Roussopoulos and Gérard Cairaschi
France
1975
Digital
Extrait de 5'
Les raisins verts
Jean-Christophe Averty
France
1961-1973
Digital
Extrait de 6'
France Tour Détour
Jean-Luc Godard
Switzerland
1977
Digital
Extrait de 5'
Solo
Robert Cahen
France
1989
Digital
4'
Les dents de ma mère
Jean-Christophe Bouvet
France
1991
Digital
4'
Famille A
Joël Bartoloméo
France
1992
Digital
3'
L’appareil photo
Joël Bartoloméo
France
1992
Digital
1'
Exeter River
Marcel Dinahert
France
2011
Digital
2'
À Chypre
Marcel Dinahet
France
2000
Digital
2'
l’Homme dans les draps
Alain Fleischer
France
2003
Digital
12'
Projection (Nuage)
Laurent Grasso
France
2003-2005
Digital
3'
Mapping Journey #1 et #2
Bouchra Khalili
France
2008
Digital
7'
Danse aux éclats
Isabelle Vorle
France
2017
Digital
9'30
La petite chambre
Thomas Schmahl
France
2016
Digital
6'

Ce programme est conçu autour d’une sélection d’œuvres vidéo emblématiques des étapes ou périodes de l’art vidéo liées à l’apparition de ces nouveaux outils, des formes que ces outils ont engendrées et conjointement l’appropriation de ces outils par des artistes venus de différentes disciplines, des créateurs issus de la musique, du cinéma (fiction, documentaire ou expérimental), de la télévision, du théâtre, de la danse, de la littérature, de la poésie, des arts plastiques ; bref, des artistes qui ont façonné ce que nous appelons « l’art vidéo », un art à la croisée de tous les arts.

Il est possible de retenir cinq grandes périodes liées à l’apparition et l’évolution d’outils et de dispositifs techniques.
La première période d’invention de l’art vidéo est liée à deux moments clés. En 1958 l’artiste plasticien Wolf Vostell intègre pour la première fois un téléviseur diffusant en direct des images de télévision dans un « tableau-collage » constitué de divers objets. Par cette œuvre il est le premier artiste utilisant une image vidéo dans une œuvre plastique. En 1963 Nam June Paik réalise une installation constituée de treize téléviseurs dont les circuits électroniques sont modifiés pour produire chacun une image abstraite. Il réalise ainsi la première œuvre d’art constituée uniquement avec des moyens vidéo. Vostell réalisera la première œuvre d’art vidéo utilisant une image vidéo et Paik la première œuvre d’art vidéo utilisant uniquement des moyens vidéo. Ces deux plus anciennes œuvres connues d’art vidéo se caractérisent donc par le fait de ne pas utiliser d’enregistreur vidéo, d’images « tournées » / enregistrées en vidéo par l’artiste. L’image est celle de la télévision en direct pour Vostell et l’image est générée par les téléviseurs eux-mêmes pour Paik.

L’enregistrement magnétique-électronique d’images sera rendu possible par la mise au point du magnétoscope dans les années 1950 et commencera à être utilisé par des artistes à la fin des années 1960. Dans un premier temps des artistes réaliseront des œuvres vidéo sans montage comme aux premiers temps du cinéma. Puis progressivement l’accès à du matériel de montage et de trucage sera possible et des artistes s’empareront de ces nouveaux outils. De cette période des tout débuts de l’art vidéo trois œuvres, réalisées par des artistes d’horizons très différents, peuvent en rendre compte. En premier lieu le travail de Jean-Christophe Averty, qui dans le cadre de la télévision d’état très conservatrice et archaïque, arrivera à imposer des émissions expérimentales et novatrices explorant les potentialités alors très peu utilisées de l’image électronique, en particulier les effets spéciaux. À l’opposé de Jean-Christophe Averty qui œuvrait à l’intérieur et avec les moyens conséquents du système télévisuel et dans une approche radicalement différente et critique envers la télévision, Carole Roussopoulos réalisera à la même époque des vidéos avec les tous premiers d’équipements vidéo « légers » qui apparaissent à la fin des années 1960. Ces équipements constitués d’une caméra électronique et d’un enregistreur à bande magnétique (magnétoscope) « démocratisent » la vidéo qui n’est alors plus cantonnée aux studios de télévision et s’affranchit d’appareillages lourds et complexes à mettre en œuvre. Ils proposent une souplesse de réalisation ne nécessitant plus un long apprentissage technique, la présence d’une lourde équipe technique et des moyens financiers qui en découlent. Carole Roussopoulos filmera en 1975 la performance Messe pour un Corps de l’artiste Michel Journiac. À partir de cette période la vidéo deviendra l’outil privilégié des artistes plasticiens performeurs et progressivement au fil des années l’outil le plus communément utilisé de nos jours par les artistes plasticiens.

À la fin des années 1970 une nouvelle époque de l’art vidéo s’ouvre avec l’apparition de matériel permettant la prise de vue, le montage et les effets spéciaux en couleur. Trois vidéos peuvent évoquer cette période féconde : France tour détour que Jean-luc Godard, cinéaste, réalise pour la télévision en 1977, Solo de Robert Cahen, musicien venu à la vidéo, réalisée en 1989 et les dents de ma mère que Jean-Christophe Bouvet, acteur, réalise en 1994. L’évolution technique majeure suivante sera l’apparition des caméscopes, caméra et magnétoscope réunis dans un même appareil, et leur production en masse. Leur bas prix permet enfin de posséder son propre matériel de prise de vue et leur miniaturisation et leur légèreté permettent de les avoir constamment avec soi. Un équipement que Joël Bartoloméo a excellemment utilisé pour sa série « Mes vidéos » réalisée entre 1991 et 1995. Le théâtre et la danse intègreront abondamment la vidéo dans des scénographies mais ce sont les plasticiens qui s’empareront massivement de la vidéo et l’utiliseront conjointement à d’autres pratiques. C’est le fait d’artistes de générations différentes tels que Marcel Dinaet, Khalili Bouchra, Alain Fleicher, Laurent Grasso, Isabelle Vorle et Thomas Schmahl

Les dernières grandes évolutions technologiques liées à la vidéo résultent de l’apport de l’informatique. Appareils photos numériques et smartphones incluant une fonction d’enregistrement vidéo et ordinateurs personnels vendus déjà équipés de logiciels de montage et d’effets spéciaux changeront désormais notre rapport à l’image animée telle qu’elle était depuis l’invention du cinéma.

— Gérard Cairaschi

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